Les Méthodes détudes des Australopithèques
Létude des restes squelettiques des australopithèques,
quils sagissent dossements ou de dents, repose
sur une analyse comparative des caractères morphologiques avec
les espèces actuelles, lHomme et les grands singes
africains notamment.
Les caractères observés peuvent être de nature qualitative. Ce
sont des caractères morphologiques, définis sur le crâne ou
sur le squelette postcrânien, difficilement mesurables.
Dautre caractères sont dits quantitatifs. Classiquement,
ils consistent en mesures , métriques et angulaires, prises
directement sur los à laide dinstruments
anthropologiques tels que le pied à coulisse ou le goniomètre
(mesure dangles). Leur définition repose sur
lidentification de points de référence reproductibles.
Ces approches traditionnelles restent très utilisées
aujourdhui dans le domaine de la paléoantropologie.
Depuis une vingtaine dannées, grâce au développement de logiciels et de systèmes denregistrements et dimageries très performants, les paléontologues se tournent vers des techniques sophistiquées, nécessaires pour qui veut analyser avec précision la forme et la taille du squelette des hominidés fossiles. Les méthodes radiographiques de saisie scanner et dimagerie 3D sont aujourdhui courantes. Plus précises, les techniques dimageries médicales permettent une nouvelle approche des structures intra-osseuses jusquà présent inaccessibles telles que la structure endocrânienne, loreille interne, les variation de lépaisseur des parois crâniennes, les sinus ou les canaux carotidiens.
La méthode de « Morphométrie géométriques »
Dautres méthodes quantitatives sont regroupées sous ce terme. La morphométrie géométriques utilise des points homologues jugés beaucoup plus fiables quen morphométrie classique. Il existe quatre méthodes de MG.
1.
Les méthodes de superpositions dites aussi méthodes procustes
qui consistent à superposer un ensemble dobjets, en 2 ou 3
dimensions, ceci par le biais dajustements successifs par
les moindres-carrés, de rotations et de translations. Tous ces
objet sont ramenés à une même taille (taille isométrique).
2.
La méthode des plaques minces dont le fondement remonte à
dArcy Thompson (1961) avec les grilles de transformations.
Les méthodes actuelles ont rendu quantitatives ces approches qui
jusquici étaient descriptives. La méthodes des plaques
minces nest applicable quen 2 dimensions, ce qui
limites quelque peu son champs dapplication. Elle consiste
à visualiser et à analyser les déformations que subit une
plaque mince quadrillée pour passer dune forme (objet de
référence) à une autre (objet de comparaison).
3.
La méthode des éléments finis directement inspirée de la
méthode de dArcy Thompson, permet une approche
tridimensionnelle des changements de forme. De même que pour les
plaques minces, on visualise ici les déformations des éléments
finis à partir dun objet de référence.
4.
Lanalyse des matrices de distance euclidienne présente la
forme comme la matrice de toutes les distances linéaires
possibles entre les point-repères : cest la matrice
de forme. La comparaison entre deux objets se fera par la matrice
de différence de forme ou la matrice de différence de
croissance (étude de lontogénie : étude du
développement de lindividus, depuis la fécondité de
luf jusquà létat adulte).
Techniques détude de lémail dentaire
Lanalyse de lémail nécessite lobservation des
couches internes, ce qui limite quelque peu son application. Les
dents de lHomme actuel et des grands singes doivent
être coupées en sections fines, de lordre de 40-80
microns (1 micron = 0,001 mm). Ces sections sont observées au
microscope optique sous différent grossissements, ce qui permet
de distinguer nettement les structures de lémail. Un
faible grossissement permet lanalyse des lignes de
croissances de périodicités de 8 jours, tandis quun
grossissement fort doit être utilisé pour observer les lignes
de croissances journalières. Ces dernières peuvent aussi être
repérées avec le microscope électronique à transmission ou à
balayage. Le microscope à balayage ne révèle que la
topographie de léchantillon. Lémail est donc
attaqué aux acides car leur action sera différente selon sa
composition. Les lignes journalières sont en fait des régions
de lémail dont la composition est particulière, ce qui
explique quelles soient plus sensibles à lacide que
lémail environnant.
Létude de lémail des hominidés fossiles se complique car il est hors de question de se permettre de faire des sections des dents. Cependant, les sites africains ont livré une grande quantité de dents dhominidés naturellement cassées. Leur étude au microscope optique nécessite avant tout de les immerger dans lalcool pour une meilleure observation de la microanatomie de lémail. Pour les analyser au microscope électronique à balayage, les dents fossiles sont moulées avec des produits qui reproduisent des détails de lordre de moins dun micron.
Létude de lémail est ensuite réalisée avec des appareils de mesure branchés sur le microscope ou, pour la plupart des fossile africains, à laide de photographie prises au microscope.